D’après les chiffres de l’Organisme central de mobilisation et des statistiques, l’Egypte compte 3 millions de femmes divorcées. Les statistiques de mai 2005, montrent que le taux de divorce a atteint 33%. Malgré ce taux élevé, la société égyptienne n’a pas changé de regard sur la femme divorcée et la traite non seulement comme une accusée mais aussi comme une mineure.
Dina Youssef, femme au foyer, une divorcée égyptienne de 38 ans, issue d’un milieu bourgeois, et ayant un fils, Amr, âgé de 16 ans, n’a que des soucis dans sa tête depuis son divorce il y a 14 ans. “J’ai toujours peur que mon ex-mari part avec mon fils et ne retourne jamais” s’inquiète-t-elle, sa cigarette à la main. La loi égyptienne permet au père de voyager avec ses enfants quand il veut et où il veut. Chose interdite à la mère sauf si autorisé par le mari.
Des lois hypocrites.
Bien que les lois du statut personnel ont introduit le kholea en 2000 (droit octroyé par la charia islamique donnant à la femme la possibilité d’obtenir le divorce à condition de renoncer à tous ces droits financiers après le divorce) , et que des amendements ont été introduites, comme l’âge de la garde des enfants qui s’est élevé à 15 ans contre 10 ans avant, la loi reste inconsistente. Avant d’approuver cet amendement, la commission des lois l’a soumis à l’Académie des recherches islamiques qui l’a approuvé à l’uninamité. Selon le moufti de la République, cet amendement ne contredit pas la charia, puisqu’aucun énoncé dans le Coran ni dans la sunna ne détermine la période de la garde des enfants. D’où la liberté du législateur de fixer la durée en fonction de l’intérêt des enfants. Mohamed Hazem, avocat spécialisé dans la loi du statut personnel, voit que la loi de 1925 était plus ferme et juste. Selon lui, ajourd’hui si un couple égyptien veut divorcer, c’est mieux de faire cela à l’amiable. La femme risque de passer de longues années pouvant s’étendre jusqu’à dix ans dans certains cas, aux tribunaux pour obtenir ses droits légitimes comme la “nafaqa” (somme d’argent mensuelle attribuée à la divorcée). Bien que la religion musulmane tolère la femme divorcée et lui attribue des droits variés (nafaqa, le droit de se remarier et refaire sa vie, et autres), la société égyptienne, elle, la culpabilise et la condamne. “Jusqu’à nos jours, notre société divise les rôles respectifs à jouer par l’homme et par la femme. La place naturelle d’une femme est la maison, celle de l’homme est le travail. C’est aussi parce qu’on considère le travail de la femme sans grande valeur économique par rapport à celui de l’homme”, explique Shahida Al Baz, consultante internationale de développement aux Nations Unies et experte dans les problèmes d’ordre social liés à la femme et aux enfants. Selon elle, la plupart des hommes voient la femme comme un objet sexuel. “La virginité compte beaucoup. La femme divorcée souffre dans une société assez matcho et est toujours accusée. Ce n’est pas le cas des veuves par exemple, qui ne souffrent pas de ce regard” conclut Shahida Al Baz.
La Veuve gagne.
Hani Al Bibani, médecin égyptien de 46 ans, divorcé et sans enfants, pense qu’une veuve est mieux qu’une divorcée! “La veuve a préservée son mari et son foyer, mais la divorcée a détruit le couple et la famille” dit-il avec confiance. Une manière de pensée qui contredit celle de Hicham Ali Bayoumi, un célibataire de 37 ans, auditeur. “Je ne fais aucune différence entre les femmes divorcées, veuves ou célibataires. Je peux épouser une divorcée mais sans enfants car c’est une grande responsibilité” explique-t-il. “Cependant je ne peux pas généraliser. Ce que je tiendrais à savoir, si je suis amoureux d’une femme divorcée, serait sourtout les raisons du divorce” ajoute Hicham Ali.
Shérine.

9 responses so far ↓
1 franck Nkenzo // May 6, 2008 at 2:41 pm
je desire une femme de bonne moralite peu importe de la nationalite
2 SM (Cairo, Egypt) // May 6, 2008 at 3:31 pm
Bonjour Franck,
Merci pour votre commentaire. Merci de noter que ce blog porte sur différents sujets polititques, sociaux, culturels et autres dans le monde arabe et dans la région med. Il ne touche cependant pas aux publicités de marriage ou de trouvailles de femmes.
3 sondesbk // May 7, 2008 at 10:34 am
salut shéri, ton poste m’a beaucoup touché….
4 SM (Cairo, Egypt) // May 7, 2008 at 11:04 am
Ya Sondes,
Ezzayek habibti? je te remercie pour tes commentaires sur mes differents articles, c’est motivant!
J’espere que tout va bien pour toi…
bises,
S.
5 booha // May 7, 2008 at 11:44 am
Seul le facteur temp va changer les mentatlités arabe ( noter bien que ca n’a rien avoir avoir la religion parce que meme les chritiens arabe ont des problemes semblabe concernat les femmes )souvent encore tres macho .
6 SM (Cairo, Egypt) // May 8, 2008 at 5:43 pm
Salut Booha,
Merci pour votre commentaire… effectivement le facteur du temps est important mais avec beaucoup d’autres elements aussi, comme l’education, pourvu que ce changement ne prenne pas encore des siecles! Pour la culture macho, vous trouvez cette mentalite surtout dans la region med. et comme vous dites ca n’a rien a avoir avec les differentes croyances. Cette culture “macho” est par exemple tout a fait inexistante dans les pays nordiques!
Continuez a nous lire et a partager vos commentaires avec nous!
Sherine.
7 Jean-Marie // May 9, 2008 at 11:56 am
Sherine bonjour,
Tout d’abord bravo pour votre article qui pose bien les bases du problème.
Je suis plutôt d’accord sur le commentaire qui dit que ce problème n’est pas spécifique à la religion musulmane.
Le statut de la femme divorcée pose un autre problème qui est celui des enfants. En effet, suite aux divorces, le sort subit par les enfants est totalement innacceptable. En particulier ils sont très souvent complètement séparés de leur parent qui “perd” la bataille du divorce (dans de nombreux cas, l’épouse).
Si vous m’y autorisez, je voudrais citer un lien vers un article publié dans la presse Libanaise sur ce sujet et qui montre en particulier que toutes les communautées sont touchées : http://www.intifada-des-perles.org/les_enfants_voles_135.htm
Bravo encore pour ce blog et cette initiative !
Cordialement
Jean-Marie
8 SM (Cairo, Egypt) // May 9, 2008 at 2:47 pm
Bonjour Jean-Marie,
Je vous remercie pour votre commentaire. C’est évident que dans la plupart des cas des divorces, les enfants sont souvent les victimes d’un tel acte. Des fois, ils subissent un sort tourmenté ou sont parfois manipulés par le père ou la mère. Ce qui est pire, c’est quand le père juste pour embêter sa femme, abuse de ses droits légaux ou devient injuste à l’égard des enfants. Une injustice qui peut prendre plusieurs formes, comme le fait d’éloigner l’enfant de sa maman ou encore, l’enfant reste avec la maman mais le père dispparaît complètement et échappe à ses obligations financières vis à vis de son enfant et/ou son ex-épouse… entre autres.
Merci aussi pour votre link que je vais lire attentivement, tout en espèrant que vous soyez un lecteur fidèle de notre blog.
Bon week end!
Shérine Mounib
9 Ghada // May 15, 2009 at 1:38 pm
Bonjour à toutes et à tous ,
je veux juste partager mon histoire et à vous de commenter . Je suis tunisienne , j’étais mariée avec un egyptien le 01 Mars 2007. mon mari parti en saudie 20 jours après . restée chez les beaux parents pendant 3 mois , problèmes accentués , j’ai voulu renter en tunisie afin d’attendre que mon visa pour l’arabie saoudite soit réglé , il m’a aidé mais en contre partie il m’a divorcé par un simple sms le 14 juillet 2007. après il m’a envoyé mes papiers de divorce par poste au cours du mois d’août .
J’ai laissé tout derrière moi rien que pour lui et lui il a abusé de moi et m’a laissé tomber .
Aucune livre, ni mahr , ni moakhar ….. rien de rien
elhamdulelah maintenant , j’ai refait la vie avec un homme tunisien qui mérite bien mon amour .
ça n’empêche ; ça a étéUne bonne leçon pour moi .
Merci pour votre attention
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