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Ce marché noir de la musique piratée.

December 28th, 2007 by SM (Cairo, Egypt) · No Comments

Le marché égyptien connaît davantage du piratage des produits musicaux. C’est un marché noir où le CD piraté ou copié coûte 5 L.E. au lieu de 35 L.E. pour l’original et où la cassette coûte de 4 à 8 L.E. au lieu de 14 L.E. pour l’originale.

Il est 17h00, je suis dans une des rues principales d’Héliopolis, quartier chic et bourgeois du Caire. Moharam, ou « le docteur », comme il préfère être appelé, même s’il n’a pas continué ses études scolaires, vend un peu de tout dans sa petite boutique qui se trouve dans un centre commercial inaperçu. Des CD, des cassettes, des chaînes, des bracelets, des porte-clés. Moharam, 41 ans, égyptien typique avec sa couleur de peau bronzé et ses grands yeux noirs qui font penser aux rois pharaoniques, travaillait comme un disc jockey (D.J.) avant de décider, il y a vingt ans, de vendre de la musique. «C’est l’ère de la mondialisation. Cela a eu une influence sur nos clients quand ils achètent de la musique. Aujourd’hui, le consommateur n’a plus envie d’acheter des albums pour un tel ou tel chanteur. Il préfère choisir lui-même ses chansons et souvent il me demande de lui faire un « cocktail » de chansons selon son propre goût » dit Moharam fièrement tout en se vantant qu’il est membre du Parti National Démocratique! Chez le « docteur » on trouve de la musique très variée, de l’ancien, du nouveau, du house music, du pop, du rock, de la musique classique, de la musique égyptienne, américaine, anglaise, française, et même italienne. Des CD et des cassettes originaux aussi bien que des copies cachées au coin de la petite boutique. Des copies livrées par les techniciens à Moharam à 15 livres pour être ensuite vendues à 35 L.E. Ces copies peuvent être diffusées sur tout le marché ou juste pour certains clients. Cependant, les copies d’une bonne ou de mauvaise qualité restent des copies aux yeux de la police et des contrôleurs des droits de la propriété et de distribution. C’est-à-dire une affaire illégale. « Une fois, les membres de l’Organisme du Contrôle des Produits Artistiques, m’ont confisqué toutes les copies et j’ai payé une grande amende de 5000 L.E.» (presque 900 Dollars Américains), ajoute Moharam qui semble insoucieux de cet incident.

Illégal c’est bon pour le moral et pour sa porte monnaie

Déjà, CD ou casette, légal ou illégal, les consommateurs eux ne s’inquiètent guère. Hicham Mohamed, 45 ans, directeur financier d’une société égyptienne privée est un ancien client de Moharam. Il vient à l’heure et demande amicalement au « docteur » si ses cassettes sont prêtes. «Le privilège chez Moharam c’est que les copies sont de bonne qualité et si jamais il y a un problème, je peux toujours les retourner et être remboursé sans aucun problème» dit-il. D’autant plus, Hicham est convaincu que demander à Moharam de copier des chansons précises, semble protéger ses enfants. «Je ne veux pas que mes garçons de 10 et 14 ans écoutent n’importe quoi », ajoute Hicham.

Mohamed Abdou, Directeur Général de l’Organisme du Contrôle des Produits Artistiques, est furieux. « Copier ou pirater de la musique est contre toutes les lois du monde. C’est voler. La loi égyptienne de l’an 2000 protège les droits de propriété et de distribution» dit-il avec fermeté. Cet Organisme envoie des inspecteurs au Caire comme aux différents gouvernorats de l’Egypte quatre fois par an pour contrôler ce marché noir et confisquer les produits artistiques illégaux.

Des lois protectrices, des efforts déployés de la part des responsables du gouvernement, c’est au consommateur maintenant d’assumer ses responsabilités.

Tags: Arts & Culture

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