Des livres, dont ceux du Franco-Tchèque Milan Kundera ou du Marocain Mohamed Choukri, ont été interdits d’entrée en Egypte à l’occasion de la Foire du Livre du Caire 2008, a appris lundi l’AFP auprès des éditeurs.
Alors que les stands de cette manifestation, la plus importante du monde arabe, sont submergés par les ouvrages islamiques, y compris radicaux, plusieurs ouvrages d’auteurs occidentaux ou arabes laïcs ont été saisis, sans justification.
“Aucune raison n’a été fournie par les autorités égyptiennes, nous ne sommes ni informés, ni consultés sur cette mesure, et les livres ne nous sont pas rendus”, a affirmé Randa Idriss, directrice de l’éditeur libanais Dar al-Adab.
Quatre romans traduits en arabe de Milan Kundera, dont “L’insoutenable légèreté de l’être”, et le “Livre du rire et de l’oubli”, ont été ainsi censurés, a-t-elle précisé.
Le même sort a été réservé à des livres édités par al-Jamal, une maison d’édition basée en Allemagne, de l’écrivain Mohamed Choukri, mort en 2003, et universellement connu pour son “Pain nu”, interdit dans plusieurs pays arabes.
Ont ainsi été bannis plusieurs de ses autres ouvrages comme “la Tente”, “La séduction du merle blanc” ou “Paul Bowles et le reclus de Tanger”.
Le livre “L’amour en Arabie Saoudite” du jeune romancier et journaliste Ibrahim Badi, qui brise des tabous sur la société saoudienne, a aussi été saisi, comme celui de la Libanaise Hanan el-Cheikh, “Femmes de sable et de myrrhe”, qui parle de l’étouffante condition des femmes dans les pays du Golfe, et évoque l’homosexualité.
L’ouvrage “Comme si elle dormait”, un hommage au rêve, du célèbre écrivain libanais Elias Khoury, qui se définit comme athée, laïc et de gauche a subi aussi la foudre des censeurs, de même que “l’histoire de Meriem” de la Libanaise Alaoui Sobh.
Parmi bien d’autres ouvrages de romanciers modernistes arabes, le livre du Syrien Issam Mahfouz, “Dialogue avec les athées sur la mémoire” a été saisi. Ce romancier, devenu une cible des islamistes, envisage d’émigrer en Allemagne.
Le roman historique du français Hubert Prolongeau, “Le baiser de Judas”, tout comme un recueil de Che Guevara, “mes rêves n’ont pas de limites” ont été pareillement bloqués à la frontière, selon leur éditeur libanais al-Farabi.
Pour éviter le même sort à “Alexis Zorba” du grec Nikos Kazantzaki, saisi l’an dernier, ou à l’érotique “Delta de Vénus”, traduite par l’Irakien Ali Abdel Amer, d’Anaïs Nin, ces ouvrages n’ont pas été présentés par les éditeurs arabes.

2 responses so far ↓
1 Shahinaz Abdel salam // Jan 28, 2008 at 10:40 pm
super article merci Leila ,mais oui j’etais a la foire du livre et je vois que des livres et des CD religieux,ah oui et les image de Mubarak partout .
2 carolinapop // Jan 30, 2008 at 10:26 am
Je trouve ca scandaleux, surtout dans un pays qui se défini démocratique. j’ai participé à une rencontre sur les média arabe samedi passé à Rome et il y avait entre autres des journalistes d’Al Jazeera et Al Arabiya et le proprietaire de la télé kwaitienne Al-Risala, réligieu modéré comme il se défini. Tout le monde était d’accord à dire que dans le monde occidentale on voit le monde arabe par stéréothipes, sans doute c’est la vérité, moi j’ai eu l’impression que souvent meme des gens cultivé comme les participants voient l’occident par stéréothipes. Mais bref, je leur ai demandé commen il se passe qu’il y a de plus en plus de chaines satellitaires qui propaguandent l’extremisme réligieu. Personne n’a repondu à ma question….
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