
Les algériens sont préoccupés par le nombre d’enfants enlevés, et le kidnapping de Yacine Bouchelouh a attiré l’attention des parents à travers tout le pays. Les statistiques officielles font état de la disparition de 841 enfants depuis 2001, âgés de 4 à 16 ans.
Les affaires récentes d’enlèvement relatées dans les médias ont semé la panique dans les familles algériennes, surtout depuis le mois dernier, lorsque Yacine Bouchelouh a été kidnappé devant sa propre maison dans le quartier de Bordj El Kiffan, dans l’est d’Alger. La police n’a pu résoudre le mystère de cette disparition, malgré des recherches intenses et les enquêtes menées. L’histoire de Yacine est devenue un enjeu national après que ses parents, dans leur recherche, aient adressé des appels aux citoyens et même aux kidnappeurs.
La mère de Yacine est apparue deux fois dans ‘Tout est possible’, une courte émission télévisuelle au sujet des enfants disparus, en demandant aux kidnappeurs de le libérer, soulignant qu’elle accèderait à toutes leurs demandes.
La famille a également placardé des photos de l’enfant disparu sur les places publiques, dans les grandes artères de la ville, à l’entrée des magasins, dans les pages de la plupart des journaux et sur le site officiel de la police algérienne, dans l’espoir d’obtenir des informations.
Les chiffres officiels de l’an 2000 faisaient état de 28 cas d’enlèvement pour un seul mois. En 2002, 117 enfants ont été kidnappés, dont 71 filles. Le nombre d’enfants disparus s’élève à 168 en 2004. La police algérienne a déjà enregistré 41 enlèvements d’enfants au cours des quatre premiers mois de cette année.
La plupart des cas de disparition d’enfants ont été enregistrés dans les grandes villes, avec une plus grande concentration de victimes à Oran, Alger et Annaba.
Certains algériens attribuent ces disparitions au développement des réseaux criminels officiant dans le trafic d’organes, d’autres incombent le phénomène à des motivations d’ordre sexuel.
Afin de chasser l’idée prégnante concernant l’apparition de réseaux de trafic d’organes humains, les agences de sécurité ont démenti l’existence de tels réseaux dans la période qui a suivi le kidnapping de Yacine, soulignant qu’aucune opération relevant d’un tel trafic n’a jamais été enregistrée et que l’existence de ces réseaux n’a été ni découverte ni confirmée.
L’officier de police Kheira Messaoudene, chef du Bureau de Protection de l’Enfance à l’Administration de la Police, déclare que les cas de disparition d’enfants ne sont pas toujours imputables au kidnappings. Ainsi, des enfants peuvent désirer quitter leurs familles pour des raisons sociales. Elle ajoute que dans “la plupart des cas”, les enfants sont enlevés pour régler des comptes avec la famille et que le kidnappeur se révèle souvent en être un membre. Elle spécule en disant que Yacine a peut-être été enlevé par une famille ‘par curiosité’.
Les communiqués des officiels de la sécurité ne sont pas parvenus à apaiser les parents. L’année dernière, 86 enfants disparus ont été retrouvés morts.
Hayat, mère d’une petite fille de 9 ans, a dit à Magharebia qu’elle ne laissait plus son enfant se rendre seule à l’école. Elle l’y emmène dorénavant tous les jours. Mouloud, habitant d’Alger, dit que l’affaire de la disparition de Yacine l’a convaincu de ne plus laisser sa fille unique jouer dans la cour de son immeuble.
Dans des déclarations diffusées sur la radio locale concernant le déclin de la sécurité publique ces dernières années, l’ancien Premier Ministre Ahmed Ouyahia a appellé à une sévérité exacerbée dans la punition des kidnappeurs, allant jusqu’à réclamer la peine de mort. L’Algérie réserve historiquement la peine capitale à la trahison ou autre ‘violation de la sécurité de l’Etat’.
a suivre…

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