En 2000, à Cameroun, le commandement opérationnel d’une unité spéciale pour lutter contre le banditisme a fait, en un an plus, d’un millier de victimes dans la région Douala à l’Ouest du pays africain. Osvalde Lewat, réalisatrice du Cameroun, raconte cette histoire terrible dans son dernier documentaire « une affaire de nègres ». Elle s’interroge sur la même question qui a été pose par Nigérian Nobel Lauréate Wol Soyinka. « ?n dit des Africains qu’ils ne sont prêts pour la démocratie, alors je m’interroge: ont –ils jamais été prêts pour la dictature? »
Pourquoi avez- vous souhaité traiter ce sujet maintenant ?
Pendant 6 ans, j’ai exercé le métier de journaliste. Chaque article a un caractère éphémère, donnant lieu a une frustration. Ce sentiment m’a donné envie d’aller au fond des choses en réalisant des films. J’ai choisi de traiter ce sujet lorsque j’ai rencontré un des personnages du documentaire.
Avez -vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?
C’est un thème difficile à traiter… quand on s’attaque à des sujets comme l’armée, la politique, la démocratie et les drames humains. Il m’a fallu 4 ans pour réaliser ce documentaire. J’ai pris le temps de compiler les informations…même si tout au long du projet, j’avais une grosse crainte : celle de ne pas pouvoir tourner.
Est-ce que vous étiez en colère au moment où vous avez affronté le soldat membre de l’unité spéciale ?
Je n’étais pas en colère, j’étais fascinée. Peut- être que ce n’est pas le mot juste. La première fois que je l’ai rencontré, c’était un soir, j’étais terrorisée. Mais le lendemain quand on a commencé l’interview, j’étais complètement fascinée. Pour mon expérience professionnelle et cinématographique, rencontrer quelqu’un comme ça, qui explique qu’il a massacré des hommes, qui n’est pas dans un processus de regret, sans humanité m’a fasciné. Ca n’est pas un film pour critiquer le gouvernement du Cameroun, le but du film, c’est de montrer une société à la dérive.
Votre documentaire a-t-il été bien accueilli à Cannes ? Quel est le but de votre présence à Cannes ?
Malheureusement il n’est pas présent en sélection officielle ou parallèle. Il est actuellement présenté au Pavillon « les Cinémas du Sud ». Une projection a aussi eu lieu au Marché du Film. Globalement l’accueil a été plutôt positif. Au- delà de la présentation de mon documentaire, je profite du festival pour rencontrer des distributeurs.
Qu’avez-vous prévu pour continuer la promotion de votre documentaire ?
Le 26 juin, grâce au soutien de CFI, mon documentaire « une affaire de nègres » sera projeté à Paris au club de l’étoile, pour les professionnels et la presse.

1 response so far ↓
1 ayesha Bongo // Jul 7, 2008 at 10:23 am
Je trouve dommage que vous ne diffusiez que pour la presse et pour les professionnels. Comme si votre jeunesse idiote qu’elle est n’a aucun besoin de savoir ce que l’Histoire lui inflige aujourd’hui, comme si nous ignorants ne méritions aucunement d’etre dans ce secret là qui est de la souffrance de notre peuple. Comme si nous ne méritions d’hériter que de vos cachoterie et vos hontes… comme si le fait d’être acclamer par un amas de professionnels pouvait soulever un peuple, comme si la reconnaissance seule du festival de cannes suffisait à tarir toute la vigueur d’un rugissement.
Pourquoi chères “ainé(e)s” nous ingligez-vous cela?
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