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DORA AKUNYILI

November 23rd, 2008 by BDK (Alger, Algéria) · 1 Comment

nullDans ma petite série, voici une autre « elle….pour l’exemple ».DORA AKUNYILIContre les laboratoires de la mortDepuis 2001, elle traque les dealers de faux médicaments. De vrais mafieux à la tête d’un trafique qui ravage son pays et tue des innocents. Sa tête mise à prix, mais rien n’arrêtera celle que les Nigérians ont surnommée « Dr Courage ».Le 26 décembre 2003, à Lagos, alors que Dora rentre chez elle, des tirs font exploser les vitres de sa voiture. Une balle traverse sa coiffe, lui brûle le cuir chevelu, et termine sa course dans un bus quelques mètres plus loin, tuant sur le coup le chauffeur.Après les tentatives de corruption-dont un pot de vin de 1million de dollars (environ 690 000 euros)-, l’incendie de son labo, le saccage de ses bureaux, le kidnapping raté de son fils, celle que les Nigérians ont rebaptisée « Dr Courage » aura une fois de plus échappé aux tueurs à gages lancés à ses trousses. Mais qu’a bien pu faire cette femme accorte aux boubous colorés pour susciter une telle haine ?Elle mène une guerre sans merci contre l’une des mafias les plus puissantes au monde : celle des trafiquants de faux médicaments. Un marché à 98% asiatique qui, via Dubai et le Benin, rapporte entre 30 et 40 milliards d’euros par an.Tout a commencé avec l’arrivée au pouvoir, en 1999, d’Olusegun Obasanjo, ancien général et membre de l’ONG de lutte anticorruption Transparency International. En 2001, il nomme cette ancienne pharmacienne de 47ans, connue pour son intégrité, à la tête de l’Agence national de contrôle de la nourriture et des médicaments au Nigeria (Nafdac). Une nomination qui  ne fait pas l’unanimité. « Le Président a dû affronter  une forte opposition car je suis de l’ethnie ibo, donc de la même région que les trafiquants, et surtout…je suis une femme ! Cela m’a encore plus motivée à relever le défi. Quand j’ai pris la direction de la Nafdac, nous avions derrière nous trente années « de terrorisme sanitaire ». En 1990, cent neuf enfants sont morts après avoir pris du paracétamol en sirop contrefait. Tous les jours, des familles perdent des êtres chers, des innocents meurent à cause de comprimés ne contenant que de la craie, de capsule emplie d’huile, de médicaments périmés mais ré étiquetés comme valables. Le trafic de faux médicaments est un crime contre l’humanité ! » Un crime qui a dévasté la famille de Dora. « En 1998, j’ai assisté impuissante à la mort de ma sœur Vivian. Diabétique, elle avait pris une dose d’insuline contrefaite. Elle avait 21ans…. »C’est donc la rage au cœur que Dora s’est lancée dans la bataille contre ces « marchands de mort ». Une trentaine de compagnies chinoises et indiennes, reines de la contrefaçon, sont désormais interdites d’importation au Nigérian, et plus de huit cents actions commandos ont été menées contre les producteurs et les marchés locaux, où des tonnes de faux médicaments sont brûlées en public. Résultat : ce pays, le plus peuplé d’Afrique-140 millions d’habitants-, longtemps plaque tournante de tous les trafiques, a vu en six ans la part des faux médicaments passer de 62 à 20%.Auréolée de 470 prix et récompenses, Dora n’est pas du genre à s’endormir sur ses lauriers !!!….Ses enfants exilés par sécurité aux USA. , des gardes du corps 24h/24h, une vie constamment sur la brèche….où Dora puise t- elle une telle détermination ?« Ce pays a fait de moi ce que je suis. Je n’ai jamais payé d’école, j’ai bénéficié de bourses depuis l’école primaire jusqu’à ma thèse universitaire en Angleterre. Je dois rendre au Nigéria ce qu’il m’a donné. Et puis je suis portée par le soutien de mon peuple : je suis chrétienne, et aujourd’hui tout le monde au Nigéria prie pour moi, dans les églises mais aussi dans les mosquées. Je suis un modèle  pour les Africaines, je n’ai pas le droit à l’erreur ! ».Et quand on s’étonne que, mission accomplie, elle ne raccroche pas après avoir plusieurs fois frôlé la mort, des larmes coulent sur son visage : « si j’avais démissionné quand ils m’ont tiré dessus, ces criminels auraient gagné ! Bien sûr mes proches veulent que j’arrête. Si je meurs, ma famille me regrettera, mais moi, je refuse de vivre dans le regret. Je crois que ma sœur Vivian, où qu’elle soit, a besoin de me voir lutter. »  Un reportage de Catherine Durand in « marie claire »n° 668.Avril 2008.                 

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1 response so far ↓

  • 1 Booha // Nov 23, 2008 at 11:19 am

    Devant l’immensité du caractère de cette femme le surnom “Dr Courage ” me parait insignifiant ( pour les gens qui ne connaisse pas le Nigeria et l’insécurité qui règne la bas ,renseigne vous svp ) ,un exemple a suivre ,Bravo Madame.

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