16h30, le 3 Octobre 2009, Willi Hajek, historien « ouest-allemand » âgé de 62 ans, regarde profondément et montre à d’autres amis les photos de son ancien ami militant, Dr. Thomas dont les photos sont partout dans une exposition ouverte dans ce quartier berlinois qu’est Alexander Platz, cœur de l’ex Berlin de l’Est. L’époque d’avant la chute du Mur suscite beaucoup d’émotions chez Willi Hajek aussi bien que chez son ami Peter Bach, lui aussi du même âge et historien allemand travaillant surtout sur l’histoire de la Cologne. Cependant, ces deux historiens qui ont vécu deux époques différentes tout à fait différentes, critiquent la société allemande moderne d’aujourd’hui. Vingt ans après l’unification entre ce qu’était l’Est et l’Ouest, tant de choses ont changé dans la société allemande mais pas forcément vers le mieux. « Les allemands d’aujourd’hui particulièrement en Cologne, semble oublier ce que les est-allemands ont enduré sous un système fasciste et un pouvoir absolu. Beaucoup d’entre eux lient les deux périodes, le Marc Allemand et l’Euro et ne voient que les bonnes côtés d’une telle époque» dit Peter Bach qui pense que l’économie allemande d’aujourd’hui n’est plus stable et que la société devient moins égalitaire. « Nous souffrons du chômage mais aussi d’un élargissement du fossé entre les super riches et les pauvres. Un fossé qui devient tellement énorme que des voix s’élèvent pour une reconstruction du Mur. Puisque pour ces voix, les « trente glorieuse » (des années 1930 à 1980), représentaient le paradis, où l’économie était plus stable et forte, moins de chômage et surtout une société égalitaire qui ne connaissait pas la compétition stressante de nos jours » explique-t-il.
Des Défis modernes pour une Allemagne moderne.
Bien que « la vie est devenue plus agréable à Berlin », Willi Hajek pense que l’Allemagne d’aujourd’hui souffre sur le plan social et que la société berlinoise en particulier est en train de perdre son côté « humain ». Pour lui, l’environnement de travail devient de plus en plus difficile aussi bien que les écoles et les universités. « Avant la chute du mur, vous ne pouvez pas trouver un café où les gens menaient une conversation ouverte ou libre comme aujourd’hui même entre les membres d’une seule famille. Les gens avaient peur de parler. Il y avait la pression politique à l’Est, la police secrète partout, toute la société de l’Est était sous contrôle permanent. Tant d’artistes et de philosophes étaient expulsés vers l’Ouest, comme le philosophe communiste Ernst Bloch, par exemple, qui a osé avoir des idées sur la démocratie. Aujourd’hui, vingt ans après la chute du Mur de Berlin, et bien que les gens jouissent d’une démocratie et peuvent tout critiquer ouvertement, je suis convaincu que cette même démocratie n’existe pas dans les différents établissements de la société allemande de nos jours », dit Willi Hajek. Chose confirmée par Peter Bach qui pense que l’Allemagne d’aujourd’hui affiche son slogan « Liberté, égalité, rentabilité » ! « Il existe toujours cette manière très autoritaire dans la société. Je suis contre cette autorité absolue qui exige que tout le monde doit être rentable et qui met une pression énorme sur les jeunes d’aujourd’hui aussi bien que sur les plus âgés. Selon ce concept, les vieux ne sont pas productifs ni rentables », explique Peter Bach. Une pression fait qu’un allemand sur trois souffre de stress. Une pression qui fait révolter Willi Hajek et Peter Bach, qui essaient eux lors des conférences, des cours et dans leurs lieux de travail, de sensibiliser les allemands vers ces valeurs humaines presque ignorées sinon perdues aujourd’hui dans cette société high-tech.
Une autre forme de Racisme.
Willi Hajek et Peter Bach, tous deux pensent qu’une forme de racisme est en train de naître surtout vis-à-vis des immigrés à cause de ce concept de « rentabilité ». Selon Peter Bach, la société met de la pression constante sur les allemands mais encore plus sur les immigrés. « Nous exigeons des jeunes de très vite réfléchir d’une façon très large, d’être productifs, et de ne pas rater les tests scolaires ou universitaires. Même pression existe pour les employés car il vaut mieux licencier un employé malade surtout s’il est un immigré » conclut-il.
Une manière de pensée qui pourrait poser un problème si les nouvelles générations y croient et s’y adhèrent. « Cela ne fait que créer encore plus de pression, et plus de concurrence malsaine » explique Peter Bach. De son côté, Willi Hajek, lui, en travaillant actuellement avec d’autres nationalités comme les africains de Mali, Sénégal ou Burkina Faso, constate que ces sociétés préservent un côté humain où en Afrique il existe toujours ces valeurs humaines comme respect pour les vieux, la tolérance vis-à-vis des employés malades et autres.
Une raison de plus pour Willi Hajek et Peter Bach pour continuer leur lutte culturelle voire sociale pour un meilleur futur « humanisé » pour l’Allemagne.

0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
Leave a Comment