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La condition des femmes en Orient, une conférence-débat au goût amer au 16e Salon du livre francophone de Beyrouth

October 29th, 2009 by LM (Beirut, Lebanon) · 1 Comment

L’Orient des femmes n’est pas aussi reluisant que l’on pourrait le croire. La conférence-débat organisée dans le cadre du 16e Salon du livre francophone de Beyrouth a été l’occasion pour Nahida Nakad de dresser un constat effarant mais réalistes, des droits de la femme au Liban.
Extraits d’un article paru dans L’orient-Le Jour du 30 octobre 2009

(…) Prenant la parole, l’écrivain libanaise Hyam Yared évoque l’un de ses personnages qui lui a été inspirée par sa grand-mère, une femme forte, qui a vécu 6 années durant « sur la ligne de démarcation » et qui est parvenue à tisser des liens avec les miliciens de tout bord qui avaient d’abord tenté de la terroriser. « Ce sont de toutes petites révolutions comme celles-ci qui, ajoutées les unes aux autres, peuvent faire une nation ».
Nahida Nakad, journaliste libanaise, a choisi quant à elle de dresser un constat très peu reluisant mais réaliste de la situation de la femme au Liban. Abordant la problématique de la transmission de la nationalité libanaise par la femme à ses enfants, elle a affirmé que cette question demeurait « au cœur du livre » qu’elle a récemment écrit. « Continuer à vivre en présence d’une telle loi, c’est accepter de ne pas être assez importante pour que notre progéniture ait la même nationalité que nous », a-t-elle ainsi souligné, avant de regretter que le Liban continue de souffrir d’un retard « économique, politique même, en ce qui concerne la femme, un retard par rapport à nos voisins les plus directs, les pays du Golfe. C’est pour cela que notre combat est très important pour que la société accepte la place de premier plan qu’occupe la femme dans le schéma social, quelque soit son choix professionnel ou simplement personnel ». « La moindre des choses, c’est de reconnaître que la femme a le droit d’avoir la même nationalité que son enfant », a-t-elle martelé, avant de mettre en garde : « Si les femmes continuent d’accepter de se soumettre à certaines lois écrites ou non, elles continueront à ne pas être des citoyennes à part entière ». Nahida Nakad a d’autre part regretté que la participation des femmes libanaises ait été aussi faible au dernier Women’s Forum de Deauville. « De nombreuses femmes du Golfe y ont participé, très peu du Liban, malheureusement ». Citant l’exemple d’une femme d’affaire libanaise rencontrée à Deauville justement, elle a affirmé que cette dernière n’avait pas été en mesure d’ouvrir un compte en banque à son enfant mineur, « en l’absence d’une autorisation du père ». « Notre pays semble, de l’extérieur, tellement moderne et occidentalisé alors qu’il y a de vraies lois et règles qui empêchent la femme d’être une citoyenne à part entière », a-t-elle ajouté, avant d’observer que « le port du voile n’est pas en lui-même prioritaire mais un retour sur les lois et les règles qui imposent, ou non, la femme au sein de sa société ».

Tags: Arts & Culture · Community Development · Gender · Human Rights · Lebanon · Mediterranean · Meditérranée · Society · women

1 response so far ↓

  • 1 Midou // Oct 29, 2009 at 8:03 pm

    A vrai dire, en lisant le titre je m’attendais à lire les problèmes des femmes palestiniennes qui sont juste quelques kilomètres au sud et qui peinent à trouver de l’eau à boire (interdiction de creuser un puis). peut-être un sujet pour une prochaine conférence.
    Pour la question de la nationalité, il ne faut pas oublier que les réfugiés palestiniens au Liban (hommes et femmes) n’ont pas le droit à la nationalité ni de rentrer chez eux.

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